Taux de rejet des factures électroniques : le calculer sans erreur

Publié le 31 octobre 2026 · 6 min de lecture · Sirenity

La réponse courte

Le taux de rejet se calcule en factures, pas en statuts : les factures rejetées au moins une fois, divisées par les factures présentées à la plateforme sur le mois. Le refus du client (210), le fichier irrecevable (501) et l'erreur de routage (221) se comptent à part. Le guide de démarrage de la DGFiP ne fixe aucun seuil : l'utile est de garder le même calcul chaque mois, découpé par code motif.

Combien de fiches clients peuvent faire monter ce taux ?

Un rejet sur le SIREN ou l’adresse part souvent d’une fiche client. Envoyez votre export : sous 24 h ouvrées, combien de SIREN sont faux, absents ou appartiennent à une société fermée, et par où commencer.

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Ce que vous recevez, ici sur un fichier clients fictif de 4 812 fiches.

fiches dans le fichier
4 812
identifiants légaux uniques
3 966
sociétés réelles estimées
3 710
fiche par société, en moyenne
1,30
gisement chiffré
41 000 €

decouverte_exemple.xlsx

FicheCe que nous avons trouvéÀ faire
CÈDRE ASCENSEURS SIRET à 13 chiffres, zéro de tête perdu Corriger en 04625002933812
JASPE COUVERTURE SIRET illisible : 8,64196E+13 Redemander le SIRET au client
DUPONT B.T.P. Doublon de DUPONT BTP SARL Garder une seule fiche
NOVA FACILITY Entreprise cessée au registre Ne plus facturer cette fiche
ORME PROPRETÉ Absorbée le 01/07 Demander au client la société qui facture
Extrait : la liste complète des fiches à corriger est classée par priorité.

Le SIREN (ou le SIRET) et la raison sociale suffisent : retirez les montants et les contacts si vous préférez.

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« Quel est notre taux de rejet ? » La question arrive vite en comité de direction, et deux personnes peuvent y répondre par deux chiffres différents : l’une compte des statuts, l’autre des factures. Ce guide donne un calcul simple, les erreurs qui le faussent, et la façon de le lire pour savoir quoi corriger.

Aucun seuil officiel à atteindre

Le guide pratique de démarrage de la DGFiP ne fixe ni taux à respecter ni formule de calcul. Il précise aussi qu’il n’est pas attendu des entreprises qu’elles signalent à l’administration chaque rejet isolé : ces situations se traitent d’abord avec la plateforme, l’éditeur, le prestataire ou le client, en conservant les éléments utiles.

Ce qu’il demande est ailleurs : traiter le rejet comme un incident à corriger, en identifier la cause, et prendre les actions correctives nécessaires pour éviter les rejets. Pour apprécier la situation d’une entreprise, il cite notamment le caractère ponctuel ou durable du manquement, la rapidité de la correction et la qualité de la documentation conservée. Un suivi daté des rejets et de leur correction sert donc aussi de trace.

Méfiez-vous des chiffres de comparaison. Un compte rendu du premier bilan présenté aux plateformes agréées le 3 septembre 2026 par l’AIFE et la DGFiP, repris par la presse spécialisée, évoque 23 % de rejets le premier jour. C’est un seul jour de démarrage, et les sources que nous avons consultées n’en donnent ni la définition ni le dénominateur. Le repère le plus fiable reste votre mois précédent, calculé de la même façon.

Le calcul, en cinq chiffres

Commencez par un export de votre plateforme pour le mois : une ligne par facture, avec sa date, son statut et son code motif. Si ces colonnes n’y figurent pas, demandez-les à votre plateforme ou à votre éditeur.

ChiffreComment le calculerCe qu’il dit
Factures présentéesLes factures distinctes envoyées à la plateforme sur le mois, corrections non recomptéesLa base de tout le reste
Taux de rejetFactures rejetées au moins une fois (213) ÷ factures présentéesCe que les plateformes arrêtent
Non transmisesFactures déposées avec le motif NON_TRANSMISE ÷ factures présentéesLes clients sans adresse de réception active
Taux de refusFactures refusées (210) ÷ factures arrivées chez le clientCe que vos clients renvoient
Sans aucun retourFactures ni rejetées, ni non transmises, ni refusées ÷ factures présentéesCe qui passe du premier coup

Prenons un exemple fictif. Une entreprise présente 1 000 factures dans le mois. 30 sont rejetées par sa plateforme d’émission et 10 par la plateforme du destinataire : 40 factures, mais 48 statuts 213, parce que 8 ont été rejetées deux fois. En fin de mois, 5 restent bloquées à l’émission. 14 autres sont déposées sans pouvoir être transmises, faute d’adresse de réception active chez le client. Sur les 981 arrivées, 12 sont refusées.

ChiffreCalculRésultat
Taux de rejet40 ÷ 1 0004,0 %
Non transmises14 ÷ 1 0001,4 %
Taux de refus12 ÷ 9811,2 %
Sans aucun retour934 ÷ 1 00093,4 %

Le même mois, compté en statuts et divisé par les 995 factures déposées, afficherait 4,8 % de rejet. Aucun des deux chiffres n’est absurde, mais ils ne se comparent pas entre eux. D’où la règle : choisir un calcul, l’écrire, et ne plus en changer.

Les erreurs qui faussent le taux

  • Compter les statuts au lieu des factures. Une facture corrigée, puis rejetée à nouveau, porte deux statuts 213. Les spécifications déterminent l’unicité d’une facture à partir de son numéro, du SIREN du fournisseur et de son année de production : rattachez chaque envoi à cette facture. Si la correction change le numéro, gardez le lien avec la facture d’origine.
  • Diviser par les factures déposées. Selon sa définition, le statut 200 atteste qu’une facture est contrôlée et conforme. Une facture arrêtée par la plateforme d’émission ne l’obtient pas : elle compte alors dans les rejets, mais plus dans la base.
  • Additionner rejets et refus. Le rejet vient d’une plateforme, le refus du client. Les statuts « En litige » (207) et « Approuvée partiellement » (206) ne sont ni l’un ni l’autre : la facture reste en vie pendant la discussion.
  • Compter le 501 et le 221 comme des rejets. « Irrecevable » porte sur un fichier qui n’est pas encore reconnu comme une facture, et un lot entier peut revenir pour un seul fichier en erreur. « Erreur de routage » vise une facture sans défaut : la même facture est transmise à nouveau, une fois l’annuaire à jour. Suivez-les à part.
  • Garder ce qui n’entre pas dans le circuit. Les ventes aux particuliers et les opérations avec des clients établis à l’étranger relèvent de l’e-reporting. Laissées dans la base, elles font baisser le taux sans rien changer aux rejets. Les factures aux structures publiques, qui passent par Chorus Pro, se suivent elles aussi à part.
  • Figer le mois trop tôt. Un refus arrive après la réception : la FNFE indique qu’il doit en principe être donné dans les premiers jours, ce qui le fait parfois tomber sur le mois suivant. Rattachez chaque retour au mois d’émission de sa facture, et relisez le mois écoulé à la clôture suivante.

Découper le taux pour savoir quoi corriger

Un taux global dit s’il y a un problème, pas où. Trois découpages suffisent, sur les mêmes factures :

  • Par code motif. Il est obligatoire pour chaque rejet et chaque refus. Un code qui revient désigne souvent une seule cause : corrigée une fois, elle fait baisser le taux d’un coup.
  • Par modèle de facture. Quand toutes les factures d’un modèle échouent sur la même règle, comme BR-FR-05, la correction se fait une fois, dans le logiciel.
  • Par client. Classez les retours par nombre de factures : un client facturé chaque semaine pèse plus que dix clients occasionnels.

Le croisement du motif et du client indique où chercher :

Ce que vous voyezOù chercher
Une même règle sur toutes les factures d’un modèleLe paramétrage du logiciel de facturation
DEST_INC ou ADR_ERR sur des clients différentsLes fiches clients : voir SIREN inconnu
DEST_ERR sur les sociétés d’un même groupeL’entité facturée : voir la bonne société du groupe
REF_CT_ABSENT ou CMD_ERR chez un même acheteurCe que cet acheteur exige sur ses factures
ROUTAGE_ERR isoléLe circuit : votre plateforme et l’annuaire
NON_TRANSMISELe client, qui doit désigner sa plateforme

Notez à côté de la courbe chaque changement de modèle, de logiciel ou de fichier clients. C’est ce qui permet, trois mois plus tard, de relier une baisse à une correction.

Si vous n’émettez pas encore

Les PME et micro-entreprises émettront à partir du 1er septembre 2027, sauf si elles commencent plus tôt : elles n’ont pas encore de taux à suivre. Trois gestes préparent le premier.

  • Tester aussi les petits comptes. Un test limité à vos plus gros clients ne dit rien des autres : envoyez aussi vers des comptes occasionnels.
  • Noter chaque retour de test. Facture, statut, code motif, date, correction : les mêmes colonnes serviront en septembre 2027.
  • Regarder le fichier avant les factures. SIREN présent, société active, bonne entité : le guide préparer son fichier avant septembre 2027 donne la méthode.

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Questions fréquentes

Existe-t-il un taux de rejet officiel à ne pas dépasser ?

Le guide pratique de démarrage de la DGFiP n'en fixe aucun, et ne donne pas de formule de calcul. Il demande de corriger les rejets, d'en garder la trace et de prendre les actions correctives nécessaires pour les éviter.

Une facture rejetée deux fois compte-t-elle double ?

Non. Elle porte deux statuts 213, mais reste une seule facture. Le taux compte les factures rejetées au moins une fois. Le nombre de statuts par facture se suit à part : il dit combien de corrections n'ont pas suffi.

Le refus du client entre-t-il dans le taux de rejet ?

Non. Le rejet (213) vient d'une plateforme, le refus (210) vient du destinataire, après réception. Les deux se comptent séparément, parce qu'ils n'ont ni le même auteur ni la même suite.

Faut-il déclarer son taux de rejet à l'administration ?

Le guide de la DGFiP précise qu'il n'est pas attendu des entreprises qu'elles signalent chaque rejet isolé. Ces situations se traitent avec la plateforme, le prestataire ou le client, en conservant les éléments utiles, à présenter si l'administration les demande.

Une facture déposée est-elle forcément arrivée chez le client ?

Non. Quand le client n'a aucune adresse de réception active, la norme prévoit un statut « Déposée » avec le motif NON_TRANSMISE. La facture n'est pas rejetée, mais elle n'est pas arrivée : il faut contacter le client.

Sources

  1. DGFiP, « Facturation électronique : guide pratique de démarrage au 1er septembre 2026 », questions 11, 12, 28 et 29, consulté le 31/10/2026
  2. DGFiP et AIFE, spécifications externes de la facturation électronique v3.2 (dossier général, § 3.6.4, tableau 8 « Les statuts d'une facture », et § 3.6.7 sur le contrôle d'unicité), 30/04/2026
  3. AFNOR, norme XP Z12-014, annexe A v1.2 : rejet à l'émission, facture déposée non transmise (§ 2.3), lots, erreur de routage, publiée par la FNFE, 11/2025
  4. FNFE-MPE, check-list de démarrage de la réforme, volet A (bien utiliser le statut « Refusée »), 07/09/2026
  5. France Num, « Facturation électronique : guide du e-reporting des données de transaction et de paiement », 19/10/2026
  6. WHY, « Facturation électronique : pas prêt au 1er septembre ? Ce que dit vraiment la DGFiP » (rapporte le compte rendu de mind Fintech sur le bilan présenté le 3 septembre 2026), 15/09/2026